Histoire de Saint-Marc des Bruyères

Saint-Marc des Bruyères : naissance d’une paroisse

L’église Saint Marc a été consacrée le 13 décembre 1964 par Mgr Veuillot, évêque coadjuteur de Paris (1). Construite en pleine période conciliaire (1962-1965), elle ne ressemble pas aux édifices classiques. Sa forme allongée fait sa singularité: d’une longueur de 30m, d’une largeur de 20m et d’une hauteur de 12m, elle est couronnée d’une flèche-lanterne (2) en forme pyramidale s’élevant à 26m au-dessus du choeur.

Elle se trouve dans un quartier pavillonnaire en pleine expansion, aux limites des communes d’Asnières, de Bois-Colombes et de Courbevoie et proche d’un noeud ferroviaire. Entre 1950, et 1963, ce secteur est passé de 5 000 à 10 000 habitants dont 2/3 sur Asnières et 1/3 sur Bois-Colombes.

Il fallait un nouveau lieu de culte pour accueillir les quelques 2000 catholiques pratiquants du dimanche, les enfants à catéchiser et faire face à la dispersion de la population dans ce quartier excentré par rapport aux paroisses de Saint-Maurice de Bécon et de Notre-Dame de Bon-Secours à Bois-Colombes.

«  Fais-moi un sanctuaire pour que je puisse résider auprès d‘eux ». Exode 25.8

Dans les années 60, le Père Orliaguet, curé de Saint-Maurice de Bécon (1953-1970) souhaite démultiplier les lieux de culte pour soulager la charge de sa paroisse. Au décès d’Henry Duport, propriétaire foncier, ses enfants réalisent la volonté de leur père: faire don d’un terrain en vue de la construction d’une église. L’oeuvre des chantiers du Cardinal désigne l’architecte des bâtiments nationaux, Paul Vimond (3), premier grand prix de Rome pour la réalisation du projet.

C’est alors qu’une grande aventure commence…

La paroisse doit alors collecter 450 000 francs: 400 collecteurs bénévoles s’activent en faisant du porte à porte et en organisant concerts, ventes de charité…

Neuf mois après le début des travaux, à Noël 1963, la messe est célébrée dans la crypte. Le 18 juin 1966, Saint-Marc est érigée en paroisse par Mgr le Cordier et le Père Pierre Birlinger est installé comme premier curé. Par la suite, différents prêtres diocésains se succèdent jusqu’à l’arrivée de la Communauté de l’Emmanuel en 1996.

Une église missionnaire qui rassemble et vit pleinement l’acte liturgique

L’extérieur est recouvert sur toute sa surface d’une toiture en ardoises. Recouverte en bois précieux, la sous-face de la toiture enveloppe une nef unique, sobre et dépouillée.

L’église peut accueillir jusqu’à 800 fidèles en incluant la tribune. Quant à sa crypte abritant des salles de catéchisme et de conférences, elle offre 500 places. Conformément aux nouvelles normes liturgiques et à l’esprit du Concile Vatican II, l’espace de cette église est conçu avec la volonté de rassembler les fidèles autour d’un choeur, bien éclairé, diffusant une nappe de lumière zénithale au-dessus de l’autel. Ce dernier, bien surélevé, permet à tous les participants de voir les gestes du célébrant. Dans les années 90, des voiles blancs ont été posés dans le choeur ce qui le rend encore plus lumineux. Au pied de l’autel, l’année de naissance de l’édifice, 1963 est rappelée par l’enchâssement de sa première pierre.

Deux statues ornent l’intérieur de l’église : celle de l’évangéliste Saint Marc, son Saint Patron et la copie d’une statue de Notre-Dame, Trône de la Sagesse4 rappelant le pèlerinage à Chartres, au printemps 1962 qui plaçait ce projet de construction sous la protection de la Vierge Marie !

Notes :

  1. Jusqu’en octobre 1966, avant la création du diocèse de Nanterre, le diocèse de Paris englobait la petite couronne de Paris.
  2. Il est plus exact de parler de flèche-lanterne que de clocher-lanterne dans la mesure où il ne porte pas de cloches et que sa fonction est d’être un puits de lumière et de se singulariser par un signe visible dans ce quartier résidentiel.
  3. Paul Vimond (1922-1998) est aussi l’architecte de trois autres bâtiments sacrés : église Ste Thérèse des Joncherolles, Pierrefitte (1963-1964), église St Pierre St Paul, Cherbourg (1967-1969), chapelle de la Vierge, St Pierre du Gros Caillou, Paris 7e (1970-1971).
  4. Il s’agit de Notre-Dame de Sous-Terre, type « Trône de la Sagesse », statue qui se trouve dans la crypte de Notre-Dame de Chartres, elle-même copie d’une statue romane du XIe siècle qu’elle remplace.